Dimanche 29 mars 2020 – 5ème dimanche de Carême

La paroisse confinée

Rendez-vous quotidiens (en direct sur Youtube, du lundi au samedi)

Laudes à 8h40

Messe à 9h

Fraternité de prières

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Les prochains rendez-vous

Edito du 29 mars 2020

L’heure change… c’est normal !

 

Un des effets de ce confinement forcé est, au moins au presbytère, une altération de la perception du temps… Les jours se ressemblent et nos journées suivent un canevas assez régulier. Le maintien d’une certaine régularité nous aide à ne pas « se dissiper » mais, il faut l’avouer, on a du mal à nous dire ce que c’est « normal ». Car effectivement, la question qui se pose, face à ce nouveau rapport au temps, est, en outre, un nouveau sens de la « normalité ».

Or, certaines habitudes restent à leur place, mais elles se transforment. Notre verre du vendredi soir, entre potes, se fait par Skype. Notre jogging du mardi s’est transformé en une série de sauts devant l’ordi, en suivant quelques chaines YouTube. Notre télétravail nous permet de nous réveiller un peu plus tard et de se placer devant notre écran en chemise, cravate et… pantalons du pyjama : personne ne nous voit hors de l’objectif de la caméra ! Tout cela est… normal ! N’est pas ?!?!

Nous avons à la fois plus de temps pour faire les choses que nous aimons mais nous sommes aussi pressés par des contraintes, des délais de travail ou d’école… Il nous faut du temps (du temps !) pour rentrer dans cette nouvelle maîtrise du temps. Tout cela est … normal ! N’est pas ?!?!

Même la prière et le temps réservé à la méditation et à l’écoute de la Parole a changé : se brancher « quand on veut » à la chaîne de la Paroisse, à la télé, ou « directement au Seigneur » n’est pas la même chose que participer à « notre » messe de 9h00, 11h00 ou du soir… mais en ce temps, c’est normal… ! N’est pas ?!?! 

Nous avons plus de temps pour « habiter » chez nous, rester en contact avec nous-mêmes, soit car on vit seuls, soit car on se « retire » volontairement… Mais peut-être que nous en découvrons la fatigue car nous ne sommes plus vraiment habitués à penser, à nous écouter en profondeur… Pour cela, on passe plus de temps sur nos « Avatars », c’est-à-dire sur nos comptes, sur les réseaux sociaux ou bien sur Netflix… : il faut trouver une distraction, il faut s’amuser et ne pas trop réfléchir. Eh bon… en ce temps si complexe… c’est normal ! N’est pas ?!?!

Même le temps « prolongé », qui nous permet de vivre différemment « la famille » (nous sommes plus proches, l’un à côté de l’autre) se présente comme une occasion : on se redécouvre, on se rencontre, on s’aime… Mais ce n’est pas si facile, parfois. La proximité obligée et la proximité imposée sont deux réalités différentes, qui montrent, parfois brutalement, comment la dynamique du choix, du désir, du respect, de l’accueil et de la préparation à « recevoir » l’autre, soient si important dans nos rapports. Elles sont toutes postures qui ne sont pas vraiment possibles en ce temps de confinement. La redécouverte de l’autre peut montrer pas mal de limites et de faiblesses, celles de nos proches comme les nôtres. La déception, la fatigue, la violence, parfois, ressortent…. Mais c’est normal… en ce temps… n’est pas ?!?!

Eh bon, au milieu de toute cette série de nouveautés et dans cet effort de réappropriation du temps, un « petit événement » donnera du peps à notre week-end : l’arrivée de l’heure d’été. Quel cynisme ! Comme si avoir plus de lumière était le vrai désir de ce temps monastique !

Cependant, permettez-moi de penser que cette ironie du sort pourra nous aider. Nos montres et nos horloges avanceront d’une heure, pendant la nuit entre le 28 et le 29 mars prochain. Cette avancée nous permettra de « gagner » une heure de lumière en plus, le soir. Il est fort intéressant de devoir accomplir, pendant ces heures « sombres » un geste qui nous fait gagner un peu de lumière… 

Que ce passage ne soit pas qu’un geste chronologique ou mécanique ! Qu’il soit une occasion pour porter un peu plus de lumière là où ce temps a fait descendre un peu de nuit.

Que cette lumière, symbole et réalité pascale par excellence, puisse envahir nos sépulcres, comme elle a envahi celui de Lazare. Que le jour où nous pourront finalement sortir des tombeaux de nos confinements, puisse être un jour, un temps vraiment nouveau, où la normalité de la vie se traduit par une « attitude pascale », lumineuse, à l’égard de tout et de tous. 

Car c’est ça qui nous est, peut-être, demandé en ce passage de l’histoire du monde : de permettre à la Pâques du Christ de devenir la normalité de la vie des disciples, le style normal de nos existences, toujours !

Nous « ajoutons » une heure de lumière à nos journées, à partir de ce weekend. Que l’amour pascal du Christ devienne pour nous tous la « nouvelle heure » à vivre à toute heure de la vie. C’est normal, n’est pas ?!?!

 

Père Marco PIOVESAN